HumanTalks Mai 2014

Introduction

HumanTalks chez Adobe, dans leurs magnifiques locaux. La "sécurité" à l'entrée était un peu longue à passer du coup les talks ont pris pas mal de temps à se lancer, et le manque de pizza pour combler nos estomacs à la fin s'est bien fait sentir.

Néanmoins les présentations étaient globalement très intéressantes.

Cache Manifest

Présentation trollesque sur cache manifest. Le speaker annoncait que les systèmes de cache natifs des browsers et des serveurs (ie. les entetes de cache HTTP) n'étaient pas assez robustes et que le cache manifest était donc la solution pour parfaitement avoir la main sur ce qui était caché et ce qui ne l'était pas. Il est même allé plus loin en parlant des développeurs qui désactivent automatiquement le cache avec les outils de dev de Firefox et de Chrome et qui mettaient ses serveurs à genoux en démultipliant les requetes et que le cache manifest encore une fois était la solution à ces problèmes.

La suite de son talk annoncait que le cache manifest avait même un effet bonus qui permettait le travail online, et que c'était facile de détecter si le browser était offline ou non avec navigator.onLine...

Mouais.

Je ne suis pas du tout convaincu par ces arguments, les mécanismes de cache HTTP du browser et du serveur sont parfaitement adaptés à mon gout une fois qu'on comprends bien l'utilité de chaque header. Idem pour navigator.onLine qui a un comportement tellement différent selon les navigateurs que cela le rends inutilisable.

Finalement la conférence était plus un pretexte à troller Windows, IE, Flash et compagnie plutot que d'apporter des arguments interessants pour l'utilisation du cache. Le plus frappant était surtout que j'avais vu deux conférences à la QCon (Steve Souder et un mec de Hoodie, qui sont quand même des pointures) dire à peu près tout le contraire : que le cache est une bonne idée dans la théorie mais que l'implémentation rends la chose très fragile -propos confirmés par deux collègues d'Octo qui y ont touché de près-.

Git Deliver

git deliver est un ensemble de scripts git et bash qui permettent de faire des déploiements facilement directement depuis git.

L'idée est d'utiliser les remotes de git pour y pusher du code. Plutot que de faire un git push, on fait un git deliver en spécifiant la remote et le sha/tag/branch que l'on souhaite pusher.

Le système se charge ensuite de mettre le working directory dans un dossier accessible et propose tout un tas de hooks pour effectuer différentes actions après le push, avant de mettre dans le working directory, à la fin, etc. Comme par exemple passez un validateur de code, lancer un process de build, jouer les tests, mettre à jour une config, etc. Si un de ces scripts retourne une erreur, le déploiement n'est pas effectué.

Il garde un historique de n déploiement précédents, et la possibilité de faire des rollback facilement.

C'est au final assez proche d'un outil comme Capistrano, mais son avantage est qu'il n'a besoin que de git et bash pour tourner, donc extremement facile à mettre en place.

C'est parfaitement adapté pour des technos comme PHP qui peuvent s'executer direct depuis le working directory, ou un site purement front. Pour d'autres technos ça demande un peu de tweaks des scripts de trigger (mais ils sont fait pour ça). Si jamais l'archi nécessite des déploiements sur plus d'un serveur, ça devient rapidement moins adapté.

La vie d'un manager

Un ancien développeur nous a raconté son parcours à travers plusieurs boites de différentes tailles, et comment il est passé de dev à manager et ce que c'est que d'être manager.

Globalement, son image c'est qu'on a le cul entre deux chaises. D'un coté des devs qui veulent s'éclater sur des technos interessantes et de l'autre des boss qui veulent rentabiliser leurs applis sur des technos plus anciennes. Le role du manager est de réussir à comprendre les envie des deux, les langues des deux, et les faire se comprendre.

La qualité la plus importante pour lui est d'instaurer la confiance, notamment au travers des 03 qui doivent être honnetes (pas de manipulation), confidentiels (ce qui se dit dans un O3 reste dans l'O3) et dans lesquels le manager doit réellement écouter.

Son conseil principal quand on est un dev et qu'on devient manager par la force des choses, c'est de commencer par NE RIEN FAIRE. Le travers des jeunes managers est de vouloir organiser trop de choses et devenir donc trop rigides.

Son devoir est aussi de cadrer les développeurs : booster celui qui est paresseux, challenger celui qui est trop confiant, donner confiance à celui qui est trop timide, et calmer celui qui est trop casse-cou.

A coté de ça, il lui faut présenter le travail de l'équipe aux boss, dans des termes qu'ils comprennent, et parfois sur des trucs très simples (la liste d'acronymes sans fin et de termes barbares qu'on emploie tous les jours). Il donnait l'anecdote du chef de projet qui avait un jour conseillé que "si les développeurs se mettaient à un par poste plutot qu'à binomer, ils iraient deux fois plus vite...".

Sinon un dernier truc assez vrai mais que je n'avais pas remarqué, c'est qu'on a une certaine réputation d'enfants gatés : on travaille dans un milieu où il est facile de trouver du travail, en plus on fait un métier peu fatiguant (rester assis devant un écran, c'est pas bien crevant), on a du matériel haut de gamme et on se plaint encore de pas avoir les dernières version. Et en plus, on fait nos autistes à travailler avec notre casque sur les oreilles. Tout ça donne une mauvaise image pour qui ne connait pas le métier, il faut donc faire attention à ne pas alimenter les clichés.

Il a finalement terminé en disant que le management, c'était basé essentiellement sur des ficelles de manipulation ("comme toutes les relations humaines"), savoir qui est influent, ce qui l'intéresse, ce qui le touche, ce qui l'embete, ce qui lui plait, etc, de manière à créer une cohésion de groupe qui ne se serait pas forcément créée d'elle-même.

Les nouveaux outils Adobe pour les Web Designers

La dernière conf', vu qu'on était chez Adobe, était sur les prochains produits et évolutions de produit Adobe. Présenté par @mchaize qui bosse là bas et qui a pu nous donner une vision honnete de ce qu'il se passe chez Adobe.

D'abord, c'est des améliorations dans la prochaine version de Photoshop. Photoshop est un logiciel vieux, au lourd passif de codebase legacy, qui n'était pas du tout destiné à faire du design web mais qui a du évoluer au fil des ans. Ils font ce qu'ils peuvent pour aider le travail des webdesigners et webdeveloper.

Et deux nouvelles features très interssantes : la première étant d'avoir des objets liés entre plusieurs .psd et .ai. On peut importer un fichier vectoriel .ai dans un .psd et quand le modifie, celui le mets automatiquement à jour dans le .psd (du moment que 'toshop peut accèder au fichier sur le disque). Ainsi, plusieurs designers peuvent travailler sur le même projet du moment qu'il est découpé en plusieurs fichiers.

Deuxième feature, carrément plus intéressante pour un webdev comme moi : Il suffit désormais de nommer ses calques avec des noms de fichiers pour qu'ils soient automatiquement exportés. Par exemple, un calque banner.jpg sera exporté automatiquement dans le même dossier que le psd, et mis à jour automatiquement dès qu'il est modifié dans le psd. Plus de galère pour retrouver le ou les calques à exporter à chaque modif du psd. On peut même spécifier la compression et/ou la qualité (ie. une version à 200% pour retina, une à 100% sinon). Ca accepte du jpg, gif, png et svg.

Dernière amélioration, c'est le Project Parfait, un site internet d'Adobe où on peut uploader un psd et le voir en live dans son browser. On peut alors survoler les éléments pour voir directement leurs dimensions et leur positionnement sur la page. On a la liste des couleurs utilisées avec leur code hexa. Selectionner un élément de texte nous donne automatiquement les règles CSS associées (font, size, color, shadow, etc). Sélectionner deux éléments indique leur espacement, etc. Bref, un gain de temps sur toutes les fonctionnalités qu'on doit faire et refaire quand on doit intégrer un psd en CSS/HTML. Et le super effet kisscool bonus c'est que ça permet de faire directement sauter aux yeux les incohérences des designs ("pourquoi la marge est de 6px ici et de 4px là ?", "Pourquoi y a 12 gris différents et 6 polices ?").

J'ai aussi appris que photoshop possédait une API pour le piloter en headless avec plein de plugins dispos.


Tags : #humantalks

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